juil 16

Je n’avais quasiment pas parlé sur mon précédent billet  de l’article 261bis CP, auxquels pouvaient contrevenir certains commentateurs du Matin, comme l’avait fait en particulier Fabien Fivaz :

Mais alors, pourquoi est-ce que le Matin conserve des messages qui contreviennent clairement à leurs conditions générales ? Deux possibilités, soit ils sont débordés et ne modèrent pas, soit, et c’est pire, ça leur convient. Une façon de mettre de l’huile sur le feu, de vendre donc…

Le hasard faisant bien les choses, un article en ligne du journal orange, publié le 15 juin 2008 à 22h24 très exactement, s’indigne contre des affiches antisémites placardées en Ville de Lausanne, dans un quartier que je ne fréquente que rarement, je me dois de le préciser. Depuis peu, ces affiches ont été photographiées par la police lausannoise pour être transmises au juge compétent, puis ont été enlevées. La LICRA envisage également de porter plainte. Un triste fait divers de plus, qui se termine bien pour l’instant.

Oui, MAIS… une lecture plus attentive dudit article s’impose. Tout d’abord de son chapeau :

Des diatribes violemment antisémites sont régulièrement placardées à proximité de la gare. Leur auteur étale sa haine en toute impunité, depuis des mois

Puis le corps :

Depuis des mois, dans l’indifférence générale, il étale sa haine au grand jour (…)

La théorie du complot juif peut-elle donc s’afficher au grand jour dans nos rues, sans que personne ne s’en émeuve? «Non, ce genre de discours tombe sous le coup de l’article 261 bis du Code pénal», affirme Anne Plessz, porte-parole de la police lausannoise. Contactée par «Le Matin» hier, elle confiait que l’existence de ces messages n’était jamais parvenue à ses oreilles.

Eh oui, cela dure depuis des mois et personne n’a rien fait, jusqu’à l’arrivée d’un grand chevalier blanc il y a quelques jours, chevalier blanc connu comme par hasard du Matin. Chevalier blanc dont on ne sait quand il a contacté le journal orange pour lui faire part de ce fait, qui sort très opportunément dans le domaine public au même moment où plusieurs blogueurs s’indignent contre la mollesse du Matin face aux commentaires racistes publiés sur son site.

Et si le chevalier blanc ne fait qu’un avec un-e journaliste du Matin, la question se fait brûlante : pourquoi ne pas avoir dénoncé ces faits plus tôt, ou demandé si ces pratiques étaient légales, même à titre individuel et sans en faire un article ?

Je ne sais pas si cette question trouvera réponse un jour…

écrit par zozieau \\ tags: , ,

juil 15

Il y a un mois, Dani de l’exellentissime blog “piques et répliques” s’indignait de l’absence de réactions apparentes du journal orange concernant certains commentaires laissés sur son site web.  Tout récemment, il s’est montré plus interventionniste, ce qui a donné quelques résultats… inattendus.

Dans tous les espaces participatifs (forums, blogs, autres) que je fréquente, il est de bon ton de hurler à la censure dès que l’avis que l’on a pris la peine de rédiger n’est pas publié, y compris si cela résulte de problèmes ou décisions techniques, ce qui est courant sur usenet. Mais peut-on parler de restriction de liberté d’expression ? Ci-après, quelques réflexions pour contribuer au débat qui commence à agiter la blogosphère romande (voir chez Michelle, Fabien, Jérôme ou encore Sugus)

Tout d’abord, chaque espace est propriété de celui qui le met à la disposition d’autrui. Et jusqu’à preuve du contraire, ce que chacun fait chez soi ne regarde que lui, dans le respect des lois en vigueur cela va de soi. Ainsi, je n’apprécierais guère que mes potes d’AGT postent ici des commentaires hors de propos en boucle, visant à se faire de la publicité. Il n’y a pas à rire, sur certains blogs, ce genre de noyage est parfois chose coutumière. Par exemple, j’ai aussi décidé  que l’ex-membre de la scientologie et d’Appel au Peuple, qui me consacre quelques pages web malheureusement trop bien référencées, et ses petits copains, tout comme les éventuels pleurnichards de sectes bien connues, n’auraient jamais droit de cité ici. Jusqu’à présent heureusement, je n’ai pas eu à sévir en ce sens, celles et ceux écrivant ici ne posant aucun problème, bien au contraire ! Je n’ai jamais estimé non plus nécessaire de préciser les conditions de publications de commentaires ici, et j’en assumerai les conséquences au besoin, car elles correspondent à l’image que je souhaite donner de ce blog.

Mais passons donc à la politique de publication du site qui nous préoccupe, qui figure dans des conditions générales d’utilisation. Comme d’autres l’ont déjà relevé, elles ne sont pas aisées d’accès.

Qui songerait en effet à aller chercher ce genre de renseignements sous la rubrique “aide -> mention légales” ?

Mieux encore, lorsque on s’inscrit sur le site pour pouvoir laisser des commentaires en toute quiétude ou presque, une invitation parle bien de ce document, demandant qu’il soit lu, sans indiquer où il se trouve.

Pour faire bref,  un simple examen technique montre que Le Matin n’est guère attentif à prévenir les éventuels abus de ses contributeurs. On pourra objecter que personne ne lit jamais ce genre de chose, et que chacun sait que des lois existent, que les propos racistes ou incitant à la haine sont en général malvenus si ce n’est illégaux, mais tout de même…  Si Le Matin décidait de poursuivre un contrevenant à l’article 261bis CP, ce dernier ne pourrait-il pas se retourner contre le propriétaire du site, motif pris qu’il n’avait pas été averti à l’avance ?

Certes, il existe devant chaque commentaire un lien pour signaler un abus. Et c’est là à mon avis que réside tout le génie du journal orange, qui compte sur ses lecteurs afin d’éplucher toute cette prose, parfois fort peu ragoûtante, pour y traquer les manquements les plus crasses.  Parce que franchement, il faut avoir du temps à perdre, et le cœur bien accroché, pour suivre une avalanche de phrases du style :

Pourquoi ne pas renvoyer cette faune chez eux ? Puisque visible il ne savent pas se comporter correctement !

Eh oui, ca recommencera encore et encore. Quant est-ce que les Suisses comprendront? Ces gens-la ne s’adapteront jamais … mais si on ose dire la verite on est un sale facho raciste.

C’est bien juste “oubien” est on leurs paient tous encore!! leurs centres leurs bouffes leurs fringues …etc alors marre de casquer pour eux si tous le monde refuserais de monnaier cette racaille ca serais génial.

Mais qu’on les laisse s’entretuer ! Ensuite on expulse les survivants.

(commentaires pompés sous l’article “Grosse bagarre devant un centre de requérants d’asile à Chiasso”).

Personnellement, même si je me suis inscrite il y a quelques semaines, j’ai abandonné l’idée d’y déposer une quelconque contribution. Peut-être est-ce un tort ? Remplir le tonneau des Danaïdes n’est guère gratifiant, et je suis sûre de ne pas être la seule à le penser. Peut-être que le Matin joue là-dessus, favorisant ainsi les propos de ce qu’on pourrait appeler un bistrot social du web, comme celui qui ouvrira à Lausanne sous peu, du moins si le conseil communal l’approuve et qu’il n’y a pas de référendum (mais j’en parlerai en temps voulu).

En effet, si je devais mettre une image sur l’état actuel du site du Matin et de ses commentateurs, c’est celle du bistrot social, tel que défini par la Municipalité de Lausanne, qui me vient à l’esprit.  Il suffit de changer quelques mots :

Un lieu de rencontre d’échanges tolérant

Un certain nombre de marginaux d’internautes sont aujourd’hui refusés dans les établissements publics sur divers blogs ou forums et ils se rassemblent à la Riponne sur le site du Matin pour consommer des boissons alcoolisées. C’est cette consommation d’alcool deviser à leur aise, ce qui les conduit, le plus souvent, à se comporter avec incivilité.

S’inspirant directement de l’expérience positive de Bienne, la Municipalité Le Matin souhaite leur proposer un lieu accueillant où se retrouver et diminuer ainsi les nuisances dans l’espace public. Le bistrot social site sera géré par une association Le Matin et fonctionnera comme les autres cafés de la place sites du même type, selon les règles en vigueur. Aucune consommation de drogue infraction à l’article 261bis CP ne sera autorisée, mais toute personne marginalisée ou non pourra y passer du temps, à l’abri. Le degré de tolérance face à cette population sera plus élevé que dans les établissements publics sur les autres sites de presse suisses romands et les chiens insultes et mensonges y seront admis.

Si c’est l’image que le site du Matin souhaite donner, soit. Toutefois, à la différence d’un bistrot social, il n’a jusqu’à preuve du contraire, aucun effet prophylactique sur la blogo/foromo-sphère. Le Matin ne peut donc être accusé ou loué pour faire oeuvre de salubrité publique. Et surtout, y a-t-il un réel besoin d’espace pour “ces gens-là” ? Après-tout, il n’est besoin que quelques minutes pour ouvrir un blog sur une plate-forme quelconque et s’y  épancher abondamment. Mais pour les commentateurs du Matin dont il est question, c’est certainement déjà beaucoup trop d’efforts s’il ne s’agit que de publier quelques lignes en langage sms sur l’air de “tous pourris” ou “jetez-les dehors”.  Les marginaux de la Riponne quant à eux, ne peuvent aller nulle part ailleurs ou presque…

écrit par zozieau \\ tags: , ,