sept 02

J’aime un peu l’idée que quelque chose de nouveau pourrait surgir sur une portion des rives du Lac qui de nos jours, il faut bien l’avouer, ne ressemble à pas grand chose. Même si elle fait le bonheur des toutous…

J’aime beaucoup essayer d’imaginer quels trésors sont cachés dans des caves sécurisées, que l’on pourrait enfin montrer au public…

J’aime passionnément… rien…

J’aime à la folie… rien…

J’aime pas du tout le projet du Grand Rumine, avec le redimensionnement de la BCU, même s’il s’agit de bétonner au milieu du béton plutôt que sur un terrain vague. Même s’il est au centre ville, il n’est pas certain que les visiteurs daigneront prendre les transports publics pour s’y rendre plutôt que leur voiture. Je n’aime pas non plus la composition hétéroclite du comité référendaire dont je doute fort que tous les membres sont mus par des soucis écologiques. Les partisans de Bellerive quant à eux ne donnent pas une meilleure image que leurs détracteurs avec ce genre d’exposition.

Et alors que je n’ai signé ni le référendum, ni le manifeste, comment vais-je bien pouvoir faire pour choisir mon camp dans quelques heures ?

 

écrit par zozieau \\ tags: , , , , ,

juil 16

Je n’avais quasiment pas parlé sur mon précédent billet  de l’article 261bis CP, auxquels pouvaient contrevenir certains commentateurs du Matin, comme l’avait fait en particulier Fabien Fivaz :

Mais alors, pourquoi est-ce que le Matin conserve des messages qui contreviennent clairement à leurs conditions générales ? Deux possibilités, soit ils sont débordés et ne modèrent pas, soit, et c’est pire, ça leur convient. Une façon de mettre de l’huile sur le feu, de vendre donc…

Le hasard faisant bien les choses, un article en ligne du journal orange, publié le 15 juin 2008 à 22h24 très exactement, s’indigne contre des affiches antisémites placardées en Ville de Lausanne, dans un quartier que je ne fréquente que rarement, je me dois de le préciser. Depuis peu, ces affiches ont été photographiées par la police lausannoise pour être transmises au juge compétent, puis ont été enlevées. La LICRA envisage également de porter plainte. Un triste fait divers de plus, qui se termine bien pour l’instant.

Oui, MAIS… une lecture plus attentive dudit article s’impose. Tout d’abord de son chapeau :

Des diatribes violemment antisémites sont régulièrement placardées à proximité de la gare. Leur auteur étale sa haine en toute impunité, depuis des mois

Puis le corps :

Depuis des mois, dans l’indifférence générale, il étale sa haine au grand jour (…)

La théorie du complot juif peut-elle donc s’afficher au grand jour dans nos rues, sans que personne ne s’en émeuve? «Non, ce genre de discours tombe sous le coup de l’article 261 bis du Code pénal», affirme Anne Plessz, porte-parole de la police lausannoise. Contactée par «Le Matin» hier, elle confiait que l’existence de ces messages n’était jamais parvenue à ses oreilles.

Eh oui, cela dure depuis des mois et personne n’a rien fait, jusqu’à l’arrivée d’un grand chevalier blanc il y a quelques jours, chevalier blanc connu comme par hasard du Matin. Chevalier blanc dont on ne sait quand il a contacté le journal orange pour lui faire part de ce fait, qui sort très opportunément dans le domaine public au même moment où plusieurs blogueurs s’indignent contre la mollesse du Matin face aux commentaires racistes publiés sur son site.

Et si le chevalier blanc ne fait qu’un avec un-e journaliste du Matin, la question se fait brûlante : pourquoi ne pas avoir dénoncé ces faits plus tôt, ou demandé si ces pratiques étaient légales, même à titre individuel et sans en faire un article ?

Je ne sais pas si cette question trouvera réponse un jour…

écrit par zozieau \\ tags: , ,

mar 29

Avec un sujet intitulé “aide sociale, la chasse aux fraudeurs“, tourné à Lausanne par une équipe de Temps Présent, il va de soi que hier soir, j’étais devant la boîte à images pour visionner cette émission de la TSR. Avec, je l’admets, plein d’apriori négatifs, que j’étais prête pourtant à abandonner si la démarche avait été destinée à engager quelques utiles réflexions, ou présenter un peu mieux les conditions d’attribution de l’aide sociale, qui sont souvent méconnues. Hélas…

Ce reportage ne va pas manquer d’attiser des ressentiments à l’égard de la population étrangère. Flouter les visages est une chose, laisser aux personnes leurs accents respectifs en est une autre.  Sur le forum de l’émission , des interventions telles que celle-ci :

Ce qui m’a choquée dans cette émission, c’est qu’il ne s’agissait quasiment que d’étrangers et jeunes apparemment, et cela je trouve encore plus punissable que s’il s’agit d’un Suisse. C’est inadmissible de profiter de nos structures, donc rien que pour cela, je pense qu’il faut agir.

sont minoritaires, mais quid des discussions dans les foyers, qui alimenteront encore un racisme ambiant dont un certain parti fait ses choux gras ?

Une autre sous-entendu dérangeant est que, par “angélisme” (gauchisant bien sûr), il faudrait ne pas faire de contrôles. Or, à ma connaissance, aucun politicien ne s’est risqué à demander que l’on supprime les mesures de contrôle prévues par les procédures des services sociaux. Et d’ailleurs,  comment ne pas être d’accord pour enquêter sur des proxénètes ou des fraudeurs au double domicile, tels que ceux présentés par la TSR ?

Le problème est que, du moins à mon sens, ce genre d’enquête devrait être mené par la police, qui connaît certainement mieux et surtout est plus armée, au sens propre et figuré, pour faire face aux milieux de la prostitution et de la petite criminalité. Que se passera-t-il lorsqu’il arrivera un jour quelque chose à l’un de ces enquêteurs (ce que je ne souhaite pas) ? Cela sera encore la faute à la gauche angélique ?

D’un autre côté, ces enquêteurs admettent leur statut un peu bizarre. S’ils ont la légitimation nécessaire, ils ne sont toutefois pas policiers, et jouent sur ce flou. Si j’ai bien compris, rien n’oblige à les faire rentrer dans un domicile à sept heures du matin, où à les renseigner sur les activités de son voisin. Il serait donc possible de mieux diffuser ces informations pour contrebalancer les effets de ce reportage sur nombre de citoyens ayant la dénonciation rancunière facile. Serait-ce d’ailleurs grâce à l’un d’entre eux que l’on a “pincé” cette personne vendant quelques objets à la sauvette pour de maigres gains, qui a ému tout de même quelques spectateurs?

A cela s’ajoute la fameuse procuration générale que tout demandeur d’aide doit systématiquement signer depuis début 2008, qui autorise à consulter tout et n’importe quelles données derrière son dos. La pétition déposée par des assistants sociaux et l’ADC informant sur l’utilité toute relative de cette mesure, hormis que de signaler aux requérants qu’ils sont des fraudeurs en puissance, n’a visiblement eu aucun effet.

Et tout ça pour le bien de braves nécessiteux honnêtes, auxquels personne n’a demandé un avis, motif le plus souvent pris que si on ne fait rien, les montants consacrés au social risqueraient de baisser, ce qui justifierait les actions de ces flics non-flics. La belle affaire… Tout ces donneurs de leçons oublient très opportunément que les normes CSIAS sur lesquelles s’appuient les Cantons, ont été revues à la baisse en 2005 (cf un résumé du Courrier portant sur le Canton de Genève), et qu’il n’est pour l’instant nullement question de corriger le tir, ou encore que l’aide sociale n’est pas indexée au coût de la vie.

D’ailleurs, gageons que lors des futurs débats du Grand Conseil concernant les bénéfices des comptes cantonaux, s’il se trouve un malheureux député pour oser demander à ce que l’on valorise les montants accordés par l’aide sociale, ne serait-ce que de CHF. 20.- par enfant,  il n’obtiendra jamais une majorité pour que l’on fasse droit à ce souhait légitime.

écrit par zozieau \\ tags: , , , , , , , ,