mar 06

Il y a peu, je commentais un billet de Marie racontant ses derniers et durs déboires de chercheuse d’emploi avec une certaine arrière-pensée : encore une place de numéro deux qui s’annonce hélas.

En effet, quelques jours auparavant, entretien d’embauche pour un poste qui correspond exactement à ce que je souhaite, ce qui est tout de même assez rare. Cheffe et éventuelles futures collègues sont ouvertes et sympathiques, la discussion est constructive, j’en fais peut-être un poil trop dans le genre “je suis super motivée”, mais pour une fois, je n’ai vraiment pas besoin de me forcer. Et ça a l’air de passer…

Alors, de retour à la maison, je commence à rechercher tout ce qui n’a pas pu aller. Une façon comme une autre de me prémunir contre une chute trop violente. Un courriel reçu conforte encore sentiments et impressions mitigées, jusqu’à une lettre m’expliquant en substance qu’ils avaient eu beaucoup de mal à se décider, que j’étais quelqu’un de très bien, mais que je n’avais pas été choisie, au profil de quelqu’un qui rentrait un peu mieux dans les cases (ah, ma formation et mes expériences…), qu’on gardait mon dossier au cas où… en bref, un classique du genre, qui donne d’autant plus de regrets que le ton a l’air sincère. Ca, c’était mardi. Affaire donc classée comme je m’y attendais.

Sauf que, le lendemain, téléphone. On s’enquiert si j’ai reçu le courrier, on m’explique un peu le pourquoi du choix et des hésitations pour terminer par me dire que, finalement le numéro un a trouvé mieux ailleurs et que si je le veux toujours, le job est pour moi. Ouch…

Ce matin donc, pour la première fois depuis… euh… je ne sais pas, je me suis offert le luxe de ne pas ouvrir le supplément emploi du 24 Heures. Ce qui m’a mis de très bonne humeur pour me rendre à ma future place afin de remplir divers papiers destinés à concocter le Saint-Graal de CDI que je recevrai prochainement.

Et ça fait vraiment bizarre !

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mar 06

Le fait de n’avoir aucun permis de conduire n’a jamais été un problème… jusqu’à ce qu’en 2003, je me retrouve en recherche d’emploi.

Certes, je me doutais que l’absence de bleu était susceptible de me priver de certaines opportunités d’embauche, mais pas autant que ce que je pensais. En effet, contrairement à ce que certains s’imaginent, je suis mobile. Je sais naturellement utiliser les horaires de transports publics helvètes, j’ai un abonnement demi-tarif et même, depuis quelques mois, un fringant coursier avec auquel je trotte sur les rues de Lausanne et sa banlieue. Et comme il est hors de question que je passe ce fichu permis (à l’instar de Marie, j’ai aussi fait un essai il y a longtemps, et je pense qu’il est plus raisonnable d’écouter ma peur que de tenter de la dompter en risquant d ‘être dangereuse pour autrui), il a bien fallu prendre les armes pour essayer de convaincre d’éventuels futurs employeurs.

Et quelles armes ? Tout simplement celles du plan de mobilité dont j’ai eu l’occasion de bénéficier (pour les employés écologiquement corrects, ces mesures ne sont que bénéfice, du moins jusqu’à l’introduction des nouveaux certificats de salaire) et dont j’ai bien intégré les avantages structurels. Baisse des notes de frais, meilleure gestion du temps, exemple à suivre en cas de hausse subite de l’essence, etc. etc. Je peux être intarissable sur la question !

Sauf que… lorsque un plan de mobilité est proposé imposé à titre individuel, c’est loin d’être aussi sexy que le sympathique concours de l’Etat de Vaud. Que répondre en effet à un futur employeur dont on peut subodorer qu’il doit être dans les mêmes dispositions qu’une mienne amie qui me disait récemment :  “oh, c’est vrai, je ne me pose pas de question quand je dois aller de Lausanne à Prilly, je descends au garage prendre ma voiture et je pars… même si théoriquement, je pourrais emprunter bus et/ou LEB”, qui vous explique que vous devrez vous rendre à Yverdon ou à Leysin, et qui n’a pas l’air de comprendre que je n’y voie pas de problème ?

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fév 27

Voici un texte écrit pour je ne sais plus quelle occasion, en octobre 1996. Ironie du sort, je ne savais pas alors qu’il présenterait quelques similitudes avec ma situation personnelle dix ans plus tard.

D’ailleurs, je pourrais le réactualiser et offrir mes services en tant que rédactrice blogueuse aux partis politiques. Comme je manie très bien le pastiche et qu’avec ma culture et ma formation (pour une fois que ma licence serait utile à quelque chose), écrire en style udc ou popiste ne me poserait pas de difficultés majeures, et qu’à droite, comme à gauche ou au centre, les blogs politiques c’est pas vraiment ça (à part une ou deux exceptions comme de bien entendu), je pourrais certainement gagner quelques francs d’ici aux élections fédérales. Il faudra que j’y pense…

Messieurs,

Je me réfère à votre courrier du xx.xx.xx. dans lequel vous m’informez que vous n’avez pu retenir ma candidature pour les divers postes de présidents de partis politiques dans le cadre de la mise au concours émanant du Conseil Fédéral dans le but de remédier à l’incurie politique actuelle, et pour laquelle vous avez été mandatés.

Permettez-moi tout d’abord d’apporter quelques précisions sur mon curriculum vitae.

Fils d’agriculteur, il était tout naturel que je m’intéresse aussi à ce noble métier. A l’âge de quinze ans, j’ai donc entrepris un apprentissage de paysan, et ai obtenu le CFC avec succès. En parallèle toutefois, il m’a semblé utile de parfaire ma culture générale et ai passé les examens de la maturité fédérale en suivant des cours du soir. Grand bien m’en a pris car à l’époque déjà, l’avenir de l’exploitation familiale se profilait sous de sombre perspectives et je ne sais pas si j’aurais pu en y restant obtenir un revenu décent pour vivre, même en travaillant soixante heures par semaine comme c’est le cas en moyenne.

J’ai donc fait un tour de quelques années dans les grandes écoles, histoire de récolter un diplôme d’ingénieur en informatique, mâtiné d’un complément HEC. Avec un ami, nous nous sommes lancés dans la création d’une entreprise dans le domaine de l’électronique. Mais pour trouver des fonds, nous avons dû ouvrir notre capital, la société a été cotée en bourse, et bien que nous ayons mis au point quelques innovations qui sont aujourd’hui commercialisées et qui rapportent gros, nous nous sommes faits licencier pour motifs économiques quand notre talent n’a plus été rentable.

Echaudé par cet échec, j’ai quitté la Suisse pendant deux ans pour voyager un peu partout dans le monde : j’avais vraiment besoin d’oublier la façon dont je m’étais fait gruger par mes soi disant associés. J’en ai par contre profité pour parfaire les langues étrangères : j’en maîtrise quatre à la perfection, et je continue aujourd’hui avec l’étude du suisse-allemand.

De retour au pays, après avoir quelque peu peiné à retrouver une activité, je me suis fait engager dans une administration cantonale en tant qu’informaticien. Outre tous les multiples aléas politiques qui ont jalonné mon travail (j’étais chargé de veiller entre autres à la parfaite coordinations des achats entre les services), mon salaire non seulement ne s’est jamais fait réindexer en quatre ans, mais s’est vu amputer de quelques centaines de francs, ce qui a motivé mon activité syndicale pour défendre mes droits et celui de mes collègues. Cela doit être pour cette raison que mon contrat de droit privé n’a pas été renouvelé.

Au vu de ce qui précède, j’estime donc pouvoir être à même de remplir honorablement la fonction de Président de parti, qu’il s’agisse de la Lega, des Radicaux ou des Popistes. J’ai dès lors peine à comprendre votre refus de prendre ma candidature en compte, motif pris que je suis trop jeune et sans expérience à 40 ans pour faire de la politique. A cet égard, je puis vous fournir un dossier complet de tous les refus que j’ai reçus ces deux dernières années, mentionnant exactement le contraire. Serait-ce à cause de mes prétentions de salaire trop élevées (frs. 3′500.- pour rappel) ?

Si tel est le cas, je suis prêt à les négocier à la baisse. En effet, je vous rappelle que cela fait trois ans que je suis sans emploi, donc partant qu’après avoir épuisé les indemnités de l’assurance-chômage, j’arrive au bout de mon droit à l’aide sociale, et impossible de me faire engager en tant que vendeur à l’appel dans une grande chaîne de magasins, ni d’obtenir une subvention quelconque me permettant d’acheter un nouveau PC (le mien est actuellement hors d’usage), afin d’essayer de monter une affaire sur les autoroutes de l’information. J’ose espérer que ces quelques lignes contribueront à vous faire revenir sur cette décision ou tout du moins vous inciterons à vouloir me rencontrer pour que nous puissions discuter de cette perspective d’embauche.

Dans l’attente de vos nouvelles, etc. etc…

Octobre 1996

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