En écho à un billet de Jacques Pilet, quelques extraits d’un vieux texte de futurologie, qui s’est révélé malheureusement exact en son temps :
Ca commencera on ne sait comment,
peut-être un beau soir de printemps,
ça éclatera tout d’un coup, vlan !
Quelle bonne surprise !Car le commerce ne marchait pas,
l’industrie touchait au trépas,
et la Bourse était au plus bas.
C’était la crise.Mais v’la M’sieur Krupp et M’sieur Schneider
qui pour stimuler l’univers,
s’expédient par la voie des airs,
port en franchise,
un tas de bons produits très chers,
articles de tous genres en fer
qui nous dégringolent sur le blair.
C’est la reprise !Enfin ça y est, on peut chanter
- paix dans le ciel et sur la terre
aux hommes de bonne volonté -
c’est la reprise, en vérité,
la reprise des affaires !
(…)Allez, roulez ! marchands de cercueils,
de croix, de couronnes, de linceuls,
le fric - on ne travaille pas à l’oeil -
y faut que ça tombe.
Hardi ! Pour le gros Capital !
Pour lui, la mort en général
devient d’un intérêt vital.
Y faut que ça tombe !
Mais ça tombe avec tant d’ardeur,
voilà qu’il n’y a plus d’ consommateurs -
tous consommés au champ d’honneur -
quelle hécatombe !
La ruine s’abat sur l’univers,
la mort emporte les marchands de fer
et toute leur racaille en enfer,
comme une trombe !Seigneur, vous le saviez pourtant,
c’était la reprise, mais pas la guerre.
Faudra-t-il attendre à présent
jusqu’au jour du dernier jugement
la reprise des affaires ?
Ami-e lecteur-trice, trouveras-tu l’auteur de ces lignes, auxquelles j’ai fait subir un très léger traitement cosmétique (précision au cas où un puriste voudrait relever que… ça n’est pas tout à fait ça) ?

Commentaires récents