Je n’avais quasiment pas parlé sur mon précédent billet de l’article 261bis CP, auxquels pouvaient contrevenir certains commentateurs du Matin, comme l’avait fait en particulier Fabien Fivaz :
Mais alors, pourquoi est-ce que le Matin conserve des messages qui contreviennent clairement à leurs conditions générales ? Deux possibilités, soit ils sont débordés et ne modèrent pas, soit, et c’est pire, ça leur convient. Une façon de mettre de l’huile sur le feu, de vendre donc…
Le hasard faisant bien les choses, un article en ligne du journal orange, publié le 15 juin 2008 à 22h24 très exactement, s’indigne contre des affiches antisémites placardées en Ville de Lausanne, dans un quartier que je ne fréquente que rarement, je me dois de le préciser. Depuis peu, ces affiches ont été photographiées par la police lausannoise pour être transmises au juge compétent, puis ont été enlevées. La LICRA envisage également de porter plainte. Un triste fait divers de plus, qui se termine bien pour l’instant.
Oui, MAIS… une lecture plus attentive dudit article s’impose. Tout d’abord de son chapeau :
Des diatribes violemment antisémites sont régulièrement placardées à proximité de la gare. Leur auteur étale sa haine en toute impunité, depuis des mois
Puis le corps :
Depuis des mois, dans l’indifférence générale, il étale sa haine au grand jour (…)
La théorie du complot juif peut-elle donc s’afficher au grand jour dans nos rues, sans que personne ne s’en émeuve? «Non, ce genre de discours tombe sous le coup de l’article 261 bis du Code pénal», affirme Anne Plessz, porte-parole de la police lausannoise. Contactée par «Le Matin» hier, elle confiait que l’existence de ces messages n’était jamais parvenue à ses oreilles.
Eh oui, cela dure depuis des mois et personne n’a rien fait, jusqu’à l’arrivée d’un grand chevalier blanc il y a quelques jours, chevalier blanc connu comme par hasard du Matin. Chevalier blanc dont on ne sait quand il a contacté le journal orange pour lui faire part de ce fait, qui sort très opportunément dans le domaine public au même moment où plusieurs blogueurs s’indignent contre la mollesse du Matin face aux commentaires racistes publiés sur son site.
Et si le chevalier blanc ne fait qu’un avec un-e journaliste du Matin, la question se fait brûlante : pourquoi ne pas avoir dénoncé ces faits plus tôt, ou demandé si ces pratiques étaient légales, même à titre individuel et sans en faire un article ?
Je ne sais pas si cette question trouvera réponse un jour…





