Le dernier strip du blog de Jibé me fait penser à mes récentes aventures dans la jungle des offres d’emploi et entretiens d’embauche, qui valent bien un billet ici.
Acte 1
Fin 2006, mon conseiller ORP soit voulant faire du zèle, soit essayer de me consoler avec quelques restes, m’assigne très officiellement à un job de vendeuse par téléphone pour un prestataire d’offre de chaînes TV, en m’assurant que je me ferais tout de suite embaucher, que cela mettrait enfin un peu de beurre dans mes épinards et surtout, que cela éloignerait même pour un bref instant le sceptre du RI. J’entends déjà rire derrière… même le simple lecteur de ce blog devrait se douter de ma capacité à vanter quelques nouveautés d’un produit que la plupart de la population possède déjà.Acte 2
Une fois passées les Fêtes, j’arrive enfin à atteindre le responsable qui s’occupe de cette offre mirifique, dont j’apprends au bout de quelques minutes qu’elle concerne uniquement des informaticiens car il faut dépanner les gens au téléphone. Et qu’il s’agit plutôt d’ADSL que de télévision. Il y a d’ailleurs un test à passer, difficile paraît-il, et il me faudrait me rendre en Suisse allemande pour cela, ce qui n’est guère encourageant. Mon intérêt s’éveille un peu, d’autant qu’il ne s’agit plus d’un job de régurgitateur de pub, et l’interlocuteur est sympathique. Il me pose une ou deux questions du test qui n’est pas si compliqué (à force de dépanner les ordinateurs de mon entourage sur lesquels personne ne fait rien, je commence à connaître un peu l’informatique) et finalement, me le fait passer entièrement par téléphone. Il me demande mon CV pour le transmettre à sa société cliente, car il n’est qu’un intermédiaire. Le contenu du CV dont je l’informe n’a pas l’air de le rebuter… suspense. Vais-je travailler ces prochains jours?Acte 3
Une responsable de la société employeuse, ou encore d’un autre intermédiaire, prend enfin contact avec moi. A peine au courant de ma réussite au test, elle m’informe qu’il s’agirait d’une mission à temps partiel (mais à quel taux ?) pour une année au moins. La possibilité que je puisse trouver un autre emploi mieux rémunéré et conforme à mes qualifications ne lui plaît guère, même si je déploie plein d’arguments pour démontrer qu’il me sera toujours possible de travailler quelques heures le soir ou le week-end pour eux, en attendant qu’ils puissent trouver un remplaçant. Non, ce qu’ils veulent, c’est une personne super motivée à attendre que l’on veuille bien daigner l’appeler, qui frétille d’enthousiasme à l’idée d’expédier en deux temps trois mouvements des utilisateurs qui savent à peine appuyer sur un bouton allume-ordinateur et surtout, qui n’ait pas de factures à payer à la fin du mois ni un frigo à remplir. Une sorte de salarié au sifflet, tel que le décrit Agnès Maillard. Ma candidature est donc vite écartée…
La conclusion de la petite histoire ? C’est certainement que je devrais apprendre à me passer d’une de mes qualités principales (eh oui, une des questions classiques d’entretien d’embauche) qui est l’honnêteté. Etre prête à faire fort correctement un job peu enviable et mal payé pour éviter à l’Etat de payer tout ou partie de mes factures, soit. Mais prétendre que ce job est ce dont je rêve ou exactement celui que je recherche est franchement au-dessus de mes moyens.
Ne nous plaignons pas, cela pourrait être pire…





